La matière et l’esprit 1 - La conscience peut-elle être objective ?

(actualisé le ) par Serge Durand - Philosophie

A propos de la matière et de l’esprit on consultera aussi notre leçon L’esprit dépend-il de la matière ? ainsi que notre dissertation En quel sens peut-on dire que notre corps nous trahit ?

On consultera aussi le corrigé partiel du sujet « suis-je un corps ou
ai-je un corps ? »

  I. Introduction problématique.

Aujourd’hui nous vivons à la croisée de deux tendances contradictoires. D’une part on nous amène à penser que toutes les manières d’être et de penser se valent tant qu’elles sont tolérantes les unes des autres. Autrement dit toutes nos façons d’être que ce soient nos goûts, nos morales, nos opinions, etc. sont subjectives. Si on prétend à la vérité et à l’objectivité d’une façon d’être, on risque de devenir dogmatique voire intolérant.
D’autre part, les progrès incessants de la technologie nous imposent l’efficacité de l’objectivité scientifique comme la seule forme incontestable de discours vrai.
Si on applique ces deux tendances contradictoires à la conscience nous voici devant une énigme encore plus inextricable. Les façons d’être de la conscience ne peuvent être que subjectives mais du point de vue scientifique la conscience ne saurait être que le produit de phénomènes objectifs. Ainsi la question « La conscience peut-elle être objective ? » a une réponse à la croisée de ces deux questions qui sont respectivement : l’action de la conscience, sa manière d’être peut-elle être rendue objective ? Et le phénomène de la conscience peut-il se réduire à des lois et phénomènes objectifs du point de vue scientifique ?
Pour dénouer ce problème, il faut dans un premier temps sonder la valeur du relativisme qui affirme la prédominance du subjectif en relation avec la manière d’être de la conscience. Nous nous demanderons donc dans quelle mesure la conscience morale est subjective malgré l’objectivité des phénomènes cérébraux. Dans un deuxième temps, nous nous demanderons dans quelle mesure la conscience morale peut être envisagée d’un point de vue objectif. A partir de là dans un troisième temps nous envisagerons le cercle du sujet et de l’objet ainsi que la possibilité d’une connaissance transcendant la différence sujet/objet.

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