Corrigé partiel de "Peut-on désirer l’impossible ?"

par Serge Durand - Philosophie

PEUT-ON DESIRER L’IMPOSSIBLE ?

 I – Introduction problématique.

Si les êtres humains n’avaient pas désiré s’envoler dans les airs malgré tout ce qui indiquait le caractère irréaliste d’un tel désir, jamais au fil du temps, l’humanité n’aurait réussi à vaincre la gravité à l’aide de machines volantes. Le caractère apparemment irréaliste de certains désirs n’implique pas qu’il s’agisse au sens strict de désir impossible à satisfaire. Il est impossible à vrai dire de désirer l’impensable.
La question peut-on désirer l’impossible impose de se demander dans quelle mesure il est pensable de désirer l’impossible et dans quelle mesure il est légitime de désirer ce qui semble impossible ?
Le désir humain a pu être conçu comme habité par un manque fondamental, une béance infinie que la culture essaierait de colmater et de civiliser tant que possible. Dans ce cas, le désir à l’état brut serait par définition impossible, puisqu’on ne ferait que désirer souterrainement l’impossible : une plénitude infinie qui comblerait notre manque infini. Mais ce désir infini est profondément ambivalent car il est indistinctement puissance de création et de destruction. La raison le sait contradictoire, la morale nous interdit de le légitimer. Pourrait-on envisager comme les bouddhistes de se libérer de cette béance du désir dont l’ambivalence et donc la dualité nous condamnent à la souffrance ?
Toutefois on peut aussi concevoir le désir comme un jeu de forces entre un objet et un sujet. L’objet du désir, une idée, une imagination suscitée par un ensemble de sensations et de pulsions s’imposerait au sujet. Ce n’est pas parce que je désire un objet qu’il me paraît désirable mais c’est parce qu’il susciterait en moi le fait d’être désirable que je le désirerais. Cette approche s’oppose, semble-t-il, à la précédente car elle affirme que le désir du sujet est le résultat d’un processus déterministe lié à la présence de l’objet dans la conscience du sujet. L’idée de renoncer au désir telle que le bouddhisme y invite serait impossible car au fond ce ne serait encore qu’un désir de renoncer au désir. En l’occurrence, le désir de renoncer au désir serait l’un des plus illusoires car il serait impossible de nier le processus déterministe du réel qui produira indéfiniment du désir. Dans une telle perspective, renoncer au désir serait par excellence le désir illusoire, le désir pratiquement impossible mais dès lors une sagesse s’esquisserait : le désir ne peut-il pas devenir moins illusoire, moins irrationnel ? Nos frustrations, nos peurs ne sont-ils pas la marque du refus de la réalité ou de sa déformation ? Notre désir n’est-il pas en effet impossible à satisfaire car bien souvent contraire au principe du réel qui reste, dans cette perspective, la véritable cause du sujet et de l’objet ? Notre souffrance et notre misère existentielle ne viendraient-elles pas précisément du fait que notre désir en vient à désirer ce qui est impossible ou presque faute d’être animé d’un authentique désir du réel ?

 II – Renoncer au désir, est-ce désirer l’impossible ?

 III – Le refus matérialiste et rationaliste de désirer l’impossible est-il un désir rationnel ?

1 – Renoncer à désirer l’impossible revient à devenir heureux et libre du désir.

a) Renoncer aux désirs vains avec Epicure.

b) passer du plaisir en mouvement au plaisir en repos (l’ataraxie).

c) Se contenter de peu ou le bien-être du fait d’être conscient.

2 – La raison permet de désirer ce qui est possible en le rendant probable.

a) Transition critique : la science et la technique assurent une meilleure satisfaction de nos désirs naturels.

b) La méthode rationnelle permet de devenir comme maître et possesseur de la nature.

c) Transition : la raison et les raisons.

  IV – Il y a un besoin d’Être qui est une forme de désir d’impossible.

1- Désir, plaisir et joie créatrice.

2- Désir et besoin d’Etre.

3- L’évolution consciente de la conscience est un désir d’impossible.

 V – Conclusion.

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