DNS philosophie facultatif TSTTGSI pour le vendredi 22 mai au plus tard.

par Serge Durand - Philosophie

Vous prendrez un sujet au choix :

 Sujet 1 :

N’échange-t-on que par intérêt ?

 Sujet 2 :

La technique n’est-elle qu’un moyen ?

 Sujet 3 :

« J’ai déjà observé que la justice naît de conventions humaines ; et que celles-ci ont pour but de remédier à des inconvénients issus du contour de certaines qualités de l’esprit humain et de la situation des objets extérieurs, Les qualités de l’esprit sont l’égoïsme et la générosité restreinte : la situation des objets extérieurs est la facilité de les échanger jointe à leu] rareté en comparaison des besoins et des désirs des hommes. […]

[…] On remarque aisément qu’une affection cordiale met tout en communauté entre amis ; et que des époux, en particulier, perdent l’un et l’autre leur propriété et ne connaissent plus le tien et le mien qui sont si nécessaires et qui pourtant causent tant de trouble dans la société humaine. Le même effet résulte d’un changement des circonstances où vivent les hommes ; quand par exemple il y a une assez grande abondance d’un bien pour contenter tous les désirs des hommes ; dans ce cas disparaît complètement toute distinction de propriété et tout demeure en commun. Nous pouvons observer cette situation pour l’air et l’eau, qui sont pourtant les plus estimables des objets extérieurs ; et nous pouvons aisément conclure que si les hommes étaient fournis, en même abondance, de tous les biens on si chacun avait pour autrui la même affection et la même attention tendre que pour soi-même, la justice et l’injustice seraient également inconnues des hommes.

Voici donc une proposition qu’on peut, à mon avis, regarder comme certaine : c’est uniquement de l’égoïsme de l’homme et de sa générosité linmitée, en liaison avec la parcimonie avec laquelle la nature a pourvu à la satisfaction de ses besoins, que la justice tire son origine. », David Hume, Traité de la nature humaine (1739-1740), trad. A. Leroy, Ed, Aubier-Montaigne, 1973, pp. 612-613.

1) dégagez la thèse et les étapes de son argumentation.

2) Expliquez :

a) « Le tien et le mien qui sont si nécessaires et qui pourtant causent tant de trouble dans la société humaine » ;

b) « La justice et l’injustice seraient également inconnues des hommes » ;

c) « La parcimonie avec laquelle la nature a pourvu à la satisfaction de ses besoins ».

3) Essai : La justice ne vise-t-elle qu’à garantir l’intérêt de chacun ?

 sujet 4 :

« Rien, à première vue, ne peut sembler plus affranchi de toute limite que la pensée humaine, qui non seulement échappe à toute autorité et à tout pouvoir humains, mais encore n’est pas prisonnière des bornes de la nature et de la réalité. Construire des monstres et unir des formes et des apparences normalement sans rapports ne coûte pas à l’imagination plus de peine que de concevoir les objets les plus naturels et les plus familiers. Et alors que le corps est resserré à une seule planète sur laquelle il se traîne avec peine et difficulté, la pensée peut en un instant nous transporter vers les régions les plus éloignées de l’univers, ou même au-delà de l’univers, dans le chaos illimité, où l’on suppose que la nature se trouve en totale confusion. Ce qui n’a jamais été vu ou entendu est pourtant concevable, et il n’y a rien qui dépasse le pouvoir de la pensée, sinon ce qui implique une contradiction absolue.

Mais, bien que notre pensée semble posséder une liberté illimitée, nous trouverons, en l’examinant de plus près, qu’elle est en réalité resserrée en de très étroites limites, et que tout le pouvoir de création de l’esprit se ramène à rien de plus que la faculté de mêler, transposer, accroître ou diminuer les matériaux que nous offrent les sens et l’expérience. Quand nous pensons à une montagne d’or, nous ne faisons qu’unir deux idées compatibles, celle d’or et celle de montagne, qui nous sont déjà connues. Nous pouvons concevoir un cheval vertueux parce que nous pouvons concevoir la vertu d’après notre propre expérience interne, et nous pouvons l’unir à l’aspect et à la forme d’un cheval, qui nous est un animal familier. En un mot, tous les matériaux de la pensée viennent ou du sens interne ou des sens externes. Leur mélange et leur composition seuls tirent leur origine de l’esprit et de la volonté ; ou, pour m’exprimer dans un langage philosophique, toutes nos idées ou plus faibles perceptions sont des copies des impressions ou plus vives perceptions. », David Hume, Enquête sur l’entendement humain, section 2.

1) Dégagez la thèse et les étapes de son argumentation.

2) Expliquez :

a) « Rien, à première vue, ne peut sembler plus affranchi de toute limite que la pensée humaine » ;

b) « tous les matériaux de la pensée viennent ou du sens interne ou des sens externes ».

3) Essai : La pensée peut-elle se passer de l’expérience ?

 sujet 5 :

« Le doute est le sel de l’esprit ; sans la pointe du doute, toutes les connaissances sont bientôt pourries. J’entends aussi bien les connaissances les mieux fondées et les plus raisonnables. Douter quand on s’apercoit qu’on s’est trompé ou que l’on a été trompé, ce n’est pas difficile ; je voudrais même dire que cela n’avance guère ; ce doute forcé est comme une violence qu’on nous a faite ; aussi c’est un doute triste ; c’est un doute de faiblesse ; c’est un regret d’avoir cru, et une confiance trompée. Le vrai, c’est qu’il ne faut jamais croire, et qu’il faut examiner toujours.(...)
Croire, c’est agréable. C’est une ivresse dont il faut se priver. Ou alors dites adieu à liberté, justice, paix.(...)
La fonction de penser ne se délègue point. Dès que la tête humaine reprend son antique mouvement de haut en bas, pour dire oui, aussitôt les rois reviennent. », Alain, Propos.

1) Dégagez l’idée principale de ce texte et les étapes de son argumentation.

2) Expliquez :

a) « Le doute est le sel de l’esprit » ;

b) « c’est un doute de faiblesse ».

3) Essai : Le savoir exclut-il toute forme de croyance ?

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