DNS de philosophie en TSTTGSI pour le 30 mars 2009.

(actualisé le ) par Serge Durand - Philosophie

Vous traiterez l’un des sujets au choix suivant :

 Sujet 1 :


L’homme peut-il renoncer à sa liberté ?

 Sujet 2 :


L’homme peut-il être esclave d’objet technique ?

 Sujet 3 :

« Le sensible doit être présent dans l’œuvre artistique, mais avec cette restriction qu’il s’agit seulement de l’aspect superficiel, de l’apparence du sensible. L’esprit ne cherche en lui ni la matérialité concrète, la consistance intérieure et toute l’envergure d’un objet organique que réclame le désir, ni les concepts universels purement idéaux ; ce qu’il veut, c’est la présence sensible, qui doit certes rester sensible, mais qui doit aussi être débarrassée de l’échafaudage de sa matérialité. C’est pourquoi le sensible est élevé dans l’art à l’état de pure apparence, par opposition à la réalité immédiate des objets naturels. L’oeuvre artistique tient ainsi le milieu entre le sensible immédiat et la pensée pure. Ce n’est pas encore de la pensée pure, mais en dépit de son caractère sensible, ce n’est plus une réalité purement matérielle, comme sont les pierres,les plantes et la vie organique. Le sensible dans l’oeuvre artistique participe de l’idée, mais à la différence des idées de la pensée pure, cet élément idéal doit en même temps se manifester extérieurement comme une chose. Cette apparence du sensible s’offre de l’extérieur à l’esprit, à titre de forme, d’aspect, de sonorité, à condition qu’il laisse les objets exister en toute liberté, sans cependant essayer de pénétrer leur essence intime (ce qui les empêcherait d’avoir pour lui une existence individuelle).

C’est pourquoi le sensible dans l’art ne concerne que ceux de nos sens qui sont intellectualisés : la vue et l’ouïe, à l’exclusion de l’odorat, du goût et du toucher. Car l’odorat, le goût et le toucher n’ont affaire qu’à des éléments matériels et à leurs qualités immédiatement sensibles, l’odorat à l’évaporation de particules matérielles dans l’air, le goût à la dissolution de particules matérielles, le toucher au froid, au chaud, au lisse, etc. Ces sens n’ont rien à faire avec des objets de l’art qui doivent se maintenir dans une réalité indépendante et ne pas se borner à offrir des relations sensibles. Ce que ces sens trouvent d’agréable n’est pas le beau que connaît l’art.

C’est donc à dessein que l’art crée un royaume d’ombres, de formes, de tonalités, d’intuitions et il ne saurait être question de taxer d’impuissance ou d’insuffisance l’artiste qui appelle une œuvre à l’existence, sous prétexte qu’il ne nous offre qu’un aspect superficiel du sensible, que des sortes de schèmes Car ces formes et ces tonalités sensibles, l’art ne les fait pas seulement intervenir pour elles-mêmes et sous leur apparence immédiate, mais encore afin de satisfaire des intérêts spirituels supérieurs, parce qu’ils sont capables de faire naître une résonance dans les profondeurs de la conscience, un écho dans l’esprit. Ainsi, dans l’art, le sensible est spiritualisé, puisque l’esprit y apparaît sous une forme sensible. », Hegel, Esthétique (1818-1829).

Pour expliquer ce texte, vous répondrez aux questions suivantes, qui sont destinées principalement à guider votre rédaction. Elles ne sont pas indépendantes les unes des autres et demandent que le texte soit d’abord étudié dans son ensemble.

1) Dégagez l’idée principale du texte et les étapes de son argumentation.
2) Répondez aux questions suivantes à partir du texte :
a) Pourquoi les sens « non-intellectualisés » n’ont-ils rien à faire avec l’art ?
b) En quoi le beau nous élève-t-il au-dessus de l’agréable ?
3) Essai : Qu’est-ce qui nous plaît dans une œuvre d’art ?

 Sujet 4 :

« La route en lacet qui monte. Belle image du progrès. Mais pourtant elle ne me semble pas bonne. Ce que je vois de faux, dans cette image, c’est cette route tracée d’avance et qui monte toujours ; cela veut dire que l’empire des sots et des violents nous pousse encore vers une plus grande perfection, quelles que soient les apparences ; et qu’en bref l’humanité marche à son destin par tous moyens, et souvent fouettée et humiliée, mais avançant toujours. Le bon et le méchant, le sage et le fou poussent dans le même sens, qu’ils le veuillent ou non, qu’ils le sachent ou non. Je reconnais ici le grand jeu des dieux supérieurs, qui font que tout serve leurs desseins. Mais grand merci. Je n’aimerais point cette mécanique, si j’y croyais. Tolstoï aime aussi à se connaître lui-même comme un faible atome en de grands tourbillons. Et Pangloss, avant ceux-là, louait la Providence, de ce qu’elle fait sortir un petit bien de tant de maux. Pour moi, je ne puis croire à un progrès fatal ; je ne m’y fierais point. », Alain.

Remarques : Tolstoï est un romancier russe du XIXe siècle. Pngloss est un personnage de Voltaire dans Candide pour qui tout est bien dans le meilleur des mondes.

Pour expliquer ce texte, vous répondrez aux questions suivantes, qui sont destinées principalement à guider votre rédaction. Elles ne sont pas indépendantes les unes des autres et demandent que le texte soit d’abord étudié dans son ensemble.

1) Quelle est l’idée directrice du texte ? Quelles sont les étapes de l’argumentation ?
2) Expliquez :
a) « Ce que je vois de faux dans cette image, c’est cette route tracée d’avance qui monte toujours » ;
b) « progrès fatal ».
3) Essai : A quelles conditions l’idée de progrès est-elle acceptable ?

 Sujet 5 :

« Le fondement de la critique irréligieuse est : c’est l’homme qui fait la religion, ce n’est pas la religion qui fait l’homme. Certes, la religion est la conscience de soi et le sentiment de soi qu’a l’homme qui ne s’est pas encore trouvé lui-même, ou bien s’est déjà reperdu. Mais l’homme, ce n’est pas un être abstrait blotti quelque part hors du monde. L’homme, c’est le monde de l’homme, l’Etat, la société. Cet Etat, cette société produisent la religion, conscience inversée du monde, parce qu’ils sont eux-mêmes un monde à l’envers. La religion est la théorie générale de ce monde, sa somme encyclopédique, sa logique sous forme populaire, son point d’honneur spiritualiste, son enthousiasme, sa sanction morale, son complément solennel, sa consolation et sa justification universelles. Elle est la réalisation fantastique de l’être humain, parce que l’être humain ne possède pas de vraie réalité. Lutter contre la religion c’est donc indirectement lutter contre ce monde-là, dont la religion est l’arôme spirituel.
La détresse religieuse est, pour une part, l’expression de la détresse réelle et, pour une autre, la protestation contre la détresse réelle. La religion est le soupir de la créature opprimée, l’âme d’un monde sans cœur, comme elle est l’esprit de conditions sociales d’où l’esprit est exclu. Elle est l’opium du peuple.
L’abolition de la religion en tant que bonheur illusoire du peuple est l’exigence que formule son bonheur réel. Exiger qu’il renonce aux illusions sur sa situation c’est exiger qu’il renonce à une situation qui a besoin d’illusions. La critique de la religion est donc en germe la critique de cette vallée de larmes dont la religion est l’auréole.
La critique a dépouillé les chaînes des fleurs imaginaires qui les recouvraient, non pour que l’homme porte des chaînes sans fantaisie, désespérantes, mais pour qu’il rejette les chaînes et cueille les fleurs vivantes. La critique de la religion détruit les illusions de l’homme pour qu’il pense, agisse, façonne sa réalité comme un homme sans illusions parvenu à l’âge de la raison, pour qu’il gravite autour de lui-même, c’est-à-dire de son soleil réel. La religion n’est que le soleil illusoire qui gravite autour de l’homme tant que l’homme ne gravite pas autour de lui-même. », MARX, Critique du Droit politique hégélien.

Pour expliquer ce texte, vous répondrez aux questions suivantes, qui sont destinées principalement à guider votre rédaction. Elles ne sont pas indépendantes les unes des autres et demandent que le texte soit d’abord étudié dans son ensemble.

1) Quelle est l’idée principale du texte ? Expliquez là. Montrez les étapes argumentatives qui permettent de la soutenir.
2) Expliquez précisément les passages suivants du texte :
a) La religion « est la réalisation fantastique de l’être humain, parce que l’être humain ne possède pas de vraie réalité » ;
b) « besoin d’illusion » ;
3) La religion n’est-elle toujours qu’une justification de l’ordre social ?

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