Le travail.

(actualisé le ) par Serge Durand - Philosophie

On peut consulter en cliquant ici une leçon beaucoup plus détaillée sur la notion de travail.

Pour creuser simultanément les notions de technique et de travail on peut aller sur les sites suivants :

  Débat n°1 : En quoi le travail différencie l’homme de l’animal ? (aspect du rapport entre nature et culture)

1 - Pourquoi une abeille ne travaille pas ? Le travail est une activité culturelle.

Il est vrai qu’une abeille construit sa ruche ce qui nécessite des formes d’opération de transformations qui rappellent les techniques de constructions humaines. De même il y a une répartition des tâches au sein de la ruche qui rappelle la répartition des tâches au sein d’une entreprise. Cependant une abeille agit déterminée par un instinct qui est le fruit d’un processus évolutif biologique. Quand un ouvrier humain agit pour produire une maison ou des objets manufacturés comme Marx le remarque il utilise des plans qui peuvent varier. L’homme travaille et use de techniques car il est capable de penser virtuellement ses actions avant de les mettre en œuvre. Le travail qui suppose des techniques est donc une activité caractérisant un être de culture.

2 - Y a-t-il des sociétés humaines sans travail ?

Cependant si on peut dire qu’un être qui travaille est un être de culture et non plus seulement un être de nature, peut-on affirmer que là où il y a de la culture, il y a systématiquement du travail ? Ne parle-t-on pas parfois de société sans travail ? Certaines tribus d’Amazonie avant qu’elles ne rencontrent des cultures occidentalisées ne vivaient-elles pas sans travail ? Certes pendant 2 ou 3 heures chacun assure la subsistance du groupe mais cela représente-il un travail ? D’un point de vue on pourrait répondre non car si on suit les marxistes le travail vise entre autre à faire évoluer la technique et à devenir le maître et possesseur de la nature. A vrai dire ces tribus qui n’ont pas fait le saut propre à l’âge néolithique n’ont pas de velléités à transformer la nature. Leurs techniques sont liées à une vie en osmose avec la nature telle qu’elle se donne et non à un désir de l’aménager, de la cultiver. Si le plan est le critère déterminant pour définir une activité comme un travail alors on travaille dans ces tribus mais si on insiste sur la transformation de la nature et sur le progrès alors on ne travaille pas vraiment dans ces tribus.

L’interprétation de la Bible pose un dilemme du même ordre. Adam et Eve travaillaient-ils au paradis oui ou non ? Le travail est-il simplement le châtiment de devoir transformer la nature pour gagner sa vie ? Si on pense que Adam et Eve réfléchissaient au paradis pour se nourrir eux et leur famille même si tout était à leur disposition alors déjà
ils travaillaient. La malédiction divine concerne alors seulement la pénibilité du travail et la nécessité de transformer une nature devenue ingrate. Ce mythe rend compte des changements de nature du travail entre un groupe humain vivant dans une jungle équatoriale ou tropicale luxuriante et un groupe humain confronté à des saisons plus ou moins difficiles.

3 - L’homme dépassera son animalité quand il ne devra plus travailler pour vivre.

Nos progrès technoscientifiques s’ils caractérisent au plus haut point le travail humain peuvent nous libérer de la malédiction de la pénibilité du travail.

L’homme contrairement à l’animal ressent la pénibilité d’une tâche qui doit toujours être recommencée dès lors qu’on en connaît toutes les exigences et qu’on a les techniques pour l’accomplir. A vrai dire l’intelligence humaine est frustrée par la répétition d’une tâche où elle ne peut guère progresser mais seulement s’appliquer.

Nous pourrions maintenant nous libérer de toutes ces tâches répétitives car nous sommes capables de construire des machines motorisées avec des circuits intégrés les rendant capables d’une intelligence condamnée à la répétition. Nous pouvons maintenant dépasser l’animalité en formant des sociétés où enfin personne n’aurait plus à travailler pour gagner sa vie. Cette révolution sociale et technoscientifique est aujourd’hui possible, nous pouvons établir l’idée d’un Revenu Minimum d’Existence pour tous et réduire le travail nécessaire et obligatoire à notre survie à un minimum.