La justice - Quelle redistribution politique des biens peut être juste ?

(actualisé le ) par Serge Durand - Philosophie

ÉLÉMENTS DE RÉFLEXION SUR LA JUSTICE POLITIQUE

COUP D’ŒIL SUR LA JUSTICE

ATTENTION CETTE LEÇON EST EN PRÉPARATION !!!!!

 Quelle redistribution politique de biens peut être juste ?

 INTRODUCTION

La justice politique doit rétablir par le biais du judiciaire un certain équilibre entre celui qui a été lésé et celui ou ceux qui l’ont lésé. La justice est exercée alors en aval des lois qu’il s’agit alors d’interpréter pour en faire respecter l’esprit. La question qui nous occupe ici est plutôt une question en amont. Comment fonder la justice politique ? Nos constitutions modernes démocratiques devraient être dans l’idéal au service des droits de l’homme de la déclaration de 1948. Les catastrophes totalitaires ont mis en cause à l’évidence les droits libertés. Les droits de l’homme de 1948 comportent des droits créances qui offrent de satisfaire un principe de sécurité d’ordre sociale. De nombreux libéraux pensent qu’ils ont été concédés aux États communistes qui n’ont guère respecté les droits libertés. D’autres considèrent au contraire que la sociale démocratie qui s’est imposée après la seconde guerre mondiale et qui satisfaisait ces droits créances tout en préservant les droits libertés est aujourd’hui menacée dans ses fondements. Ils sont clairement antilibéraux en affirmant la nécessité de contrôler de nouveau davantage la vie économique du point de vue politique dans l’optique de défendre des biens communs. Enfin le libéralisme politique en condamnant tout idéal moral qui contraindrait les individus et signifierait une atteinte à leurs libertés ne condamne-t-il pas tout républicanisme qui invite à une fraternité outre l’égalité de droit et la liberté individuelle ?

 A - Le salaire exorbitant de la star de foot ou de basket est-il juste ?

Dans l’actualité revient souvent l’idée que certains salaires sont indécents.

Certes on peut regretter que certaines personnes comme telle star de la téléréalité gagne plus d’argent en se montrant juste à la TV que d’autres qui aident les personnes âgées ou entretiennent nos espaces verts. C’est même souvent la banalité voire la bêtise de ces stars de la téléréalité qui est leur gagne-pain en passant sur l’écran. D’un point de vue moral, il est affligeant de donner en spectacle la misère psychospirituelle. On comprend mieux notre indignité spirituelle face à un être humain évolué psychospirituellement. Face à ces personnes on se sent juste plus intelligent ou du moins on sent soudain la possibilité de la réussite sociale dans une société marchande. Cependant la politique ne peut pas faire coïncider justice, loi et morale d’après ceux qui font de la liberté individuelle la valeur politique suprême. Les libertariens affirment que l’État juste est celui qui limite égalitairement les sphères de libertés de chaque individu.

Toutefois les droits de l’homme eux-mêmes proposent un idéal alliant ces principes d’égalité de droits, de liberté, de propriété et de sécurité civile avec des droits donnant une sécurité sociale.

Les libertariens suggèrent donc que ces droits donnant une sécurité sociale au sens large menacent nos libertés fondamentales. Pour eux les droits de l’homme de 1948 sont un compromis bancal avec les États communistes liberticides.

Prenons un autre exemple où la dimension morale du gain salariale et financier est moins sujette à caution du point de vue moral. Une star du sport est rémunérée en fonction de son talent sportif. Être un sportif de haut niveau nécessite un entrainement intensif, le respect d’un régime alimentaire strict, aucun excès d’alcool, pas de tabac et bien sûr aucune drogue. Bien entendu il y a des sportifs qui se dopent. Mais certaines stars semblent bien irréprochables à ce niveau.
La star de foot n’appauvrit personne en extorquant son argent et les valeurs que sa réussite promeut sont le travail, la volonté, la persévérance, le sens du collectif (football, basket). Les publicitaires le paie car on aime le voir. Les spectateurs amateurs de ce sport font de ses prestations un événement.

Ainsi les stars sportives semblent jouir d’une redistribution de le richesse parfaitement honnête et donc juste.

En utilisant ce raisonnement Robert Nozick dans son livre Anarchie, État et Utopie justifie les différences de revenu.

Certes du point de vue de cette redistribution sociale de la richesse l’idée que des salaires soient indécents ne paraît pas fondée. D’ailleurs un salaire échappe moins facilement à l’impôt que d’autres types de biens. Qui aurait l’idée de surtaxer un capital santé lié à une bonne hygiène de vie et un corps particulièrement sain ? Qui aurait l’idée d’imposer à ceux qui ont un capital culturel important de le partager avec d’autres ?

Pour un libertarien comme Nozick qui pense que la solidarité imposée étatiquement est injustifiable, le débat sur la redistribution des biens porte en fait sur cette deuxième redistribution étatique des revenus salariaux et financiers par le biais de l’impôt.
A vrai dire si l’État reprend en impôt une grande part du salaire de cette star, n’est-il pas injuste ? n’est-ce pas cette force qui extorque l’argent que les particuliers avaient donné à cette personne ?

Revenons d’ailleurs à la star de téléréalité, pourquoi devrions nous juger moralement le motif qui a amené des gens à regarder une émission qui générant des téléspectateurs et des internautes a attiré dès lors annonceurs et publicitaires ? Si cette personne a exploité son image à grande échelle et qu’elle devient une star sans autre raison que par l’exposition de sa personne peut-on trouver cela injuste ? D’un point de vue moral on peut trouver dommage et dommageable qu’on admire une telle personne plutôt qu’une personne témoignant de la sagesse. Mais si on prend au sérieux le danger totalitaire d’imposer une morale en politique, il faut admettre avec les libertariens que la justice ne consiste que dans la protection mutuelles de nos sphères de libertés.

On peut donc dès lors selon cette perspective se contenter d’une justice qui trace des limites entre des sphères de liberté mais qui ne se mêle pas des contrats économiques et des solidarités qui lient ces sphères de liberté sans porter atteinte à leurs libertés fondamentales.

Transition : Les salaires et revenus même exorbitants des stars ou peut-être même de certains PDG est en soi juste dans la mesure où ils ne sont pas le fruit d’une extorsion ou d’une exploitation injuste des autres. Mais faut-il ou non en redistribuer une partie par le biais de l’impôt ? Autrement dit des systèmes politiques ayant constitué un État providence sont-ils justes malgré la critique libertarienne des droits créances comme l’assurance maladie, l’assurance chômage, le droit à l’éducation, le droit au travail, etc. qu’on trouve dans les droits de l’homme de 1948 ? L’altruisme institué politiquement induit-il toujours le totalitarisme ?

 B - Le voile d’ignorance et les deux principes de justice selon John Rawls.

Le philosophe John Rawls propose une expérience de pensée non altruiste pour fonder un principe de redistribution étatique donnant des droits créances. Un défenseur de l’altruisme tel que Matthieu Ricard, le moine bouddhiste connus pour ses best-sellers sur la sagesse, s’étonne qu’on puisse fonder une pensée politique en présupposant un sujet humain égoïste par nature. Il attaque clairement dans son livre sur l’altruisme ce présupposé anthropologique. Certes la science cognitive appuyée par la neurologie montre que l’homme n’est pas foncièrement un loup pour l’homme : il y a en nous des processus cognitifs d’identification à l’autre fondés sur une capacité mimétique, ils permettent l’empathie et donc une culture de la compassion (la pitié diraient Schopenhauer). Matthieu Ricard s’en prend nommément à la personne de John Rawls en racontant le narcissisme de ce dernier qui consistait à collectionner tous les articles de presse sur son œuvre de philosophie politique.
Mais par son antilibéralisme économique au nom de l’altruisme, Matthieu Ricard, ce faisant, rate l’intérêt de la pensée sociale-libérale de Rawls.

Premièrement, l’expérience de pensée qu’il propose n’est pas fondée sur un point de vue anthropologique d’un être humain par essence égoïste.

Deuxièmement cette expérience de pensée peut s’adresser à un libertarien qui au fond exige que nos solidarités ressortent d’un libre choix donc cette expérience de pensée s’adresse à quelqu’un qui même s’il refuse une politique étatique altruiste n’en est pas moins altruiste. Elle vise à interroger son point de vue négatif sur une procédure politique de redistribution des biens.

Premier point : Les deux principes émergents sous le voile d’ignorance

Imaginons que j’ignore ma position sociale et que j’ai à défendre des principes de justice, quels principes me sembleraient alors évidents ? Rawls propose d’imaginer un voile d’ignorance sur ma personne et sa position sociale, pour rendre évident les principes de justice.

Creusons cette expérience de pensée : si je mets de côté tout ce qui me constitue, fermer les yeux peut m’aider à effacer des sensations me donnant des indications sur ma personne et sa position sociale, car il est plus simple alors de poser un voile d’ignorance sur ce qui apparaît dans ma mémoire, c’est-à-dire revenus, niveau d’études, etc. mais aussi couleur de peau, âge, sexe et état de santé (une douleur à l’instant ne dit rien d’un état de santé globale mettant forcément en jeu la mémoire). Dans cette position intérieure, si je raisonne sur une éventuelle redistribution politique des biens comprenant l’individu que je suis avec l’identité et les caractéristiques que j’ignore [version rawlsienne de voile d’ignorance], quels principes de justice émergent alors ?

Le caractère fictif d’un tel voile d’ignorance peut sembler encore fort abstrait, car essentiellement mental et donc effectivement bien loin de tout altruisme. On peut toutefois parvenir à un détachement de notre identité et de nos caractéristiques beaucoup effectif et concret en observant que les yeux fermés et en mettant de côté la mémoire on peut facilement s’identifier avec toutes les identités ou caractéristiques possibles même les plus égoïstes sans en préférer aucune. Ici l’altruisme est libéral, il laisse une place raisonnable à une identité égocentrique qui estime que la part que la distribution économique lui a conférée est méritée. L’altruisme libéral accueille et entend alors une revendication égocentrique d’un droit à l’appropriation et il composé avec l’existence de ces mentalités qui exigent le pouvoir de redistribuer éventuellement leurs biens suivant leurs préférences. Cette version véritablement altruiste de l’expérience de pensée que Rawls propose si elle est bien menée dans une pratique méditative consiste bien à ignorer ou à mettre entre parenthèse mon attachement égocentrique à mon identité personnelle et ses caractéristiques et à considérer les autres et moi-même comme personnes avec leur desiderata sur le même plan.

Faisons plus simple encore. Identifions nous à une femme de couleur, invalide physiquement et de faibles revenus (le comique Coluche remarquait qu’on est tous égaux en démocratie mais qu’on l’est moins quand même quand on est une femme, noire, laide et naine) puis identifions nous à quelqu’un qui travaille plus de 70 heures par semaine dans une start-up qui voit ses parts de marché croître et qui embauche... Quels sens de la redistribution politiquement juste émerge alors dans la mesure où je puis m’identifier à ces deux personnes ?

Dans des exercices mentaux bouddhistes de compassion, on projette celle-ci personne après personne ou d’un coup sur tous les êtres vivants à la fois à la fois. Comme le remarque Emmanuel Levinas, la justice commence quand il y a un point de vue tierce où le moi de ce point de vue tiers n’est pas impliqué dans le problème de justice qui implique les deux autres.

Dès lors, les deux principes suivants d’une justice politique ne seraient-ils pas évidents ?

1°]

Les droits libertés (égalité de droit, liberté de conscience, d’association et d’expression, droit à la sécurité civile ainsi que le droit à la propriété (l’incessibilité de son corps et des avoirs produits par la liberté d’entreprendre) seraient évidemment vus comme essentiels à une justice politique ;

2°]

Les droits créances (droit à une assurance maladie, une allocation handicap, une assurance chômage, à l’éducation élémentaire pour tous) seraient aussi évidents ;
il faut envisager une redistribution juste de telle sorte que l’accroissement des biens des plus pourvus ne conduisent pas à l’amoindrissement des biens des moins bien pourvus. Au contraire il semblerait juste que l’accroissement des biens du plus pourvu entraîne un accroissement des biens de ceux qui en sont le moins pourvus.

Transition : ce second principe se base sur une autre conception de la loi :

Pour les libertariens la loi limite les sphères de liberté. La justice politique est ici entendue comme redistribution seconde des biens à une échelle plus vaste que celle des contrats économiques ou des solidarités sociales communautaristes, de classe socioculturelle ou choisies mais elle ne s’arrête pas à une simple redistribution de revenus assurant à tous logement, vêtements et nourriture. Ici la loi vise à créer une force commune démultipliée, pour partager des biens comme l’éducation, la santé, etc . ou même la possibilité de voyager.

Deuxième point : ceci n’est pas aussi irréaliste qu’on le croit : le partage d’une tarte est une procédure de justice

On peut ensuite contester la translation de cette expérience de pensée dans une politique efficace.

Certes une procédure de pensée, ici le voile d’ignorance, entraîne chez Rawls une fondation d’une conception politique de la justice distributive. Mais nous savons malheureusement que la pensée politique n’est souvent qu’un masque idéologique des intérêts plus ou moins conscients qui animent les actes politiques.

En France, le social-libéralisme ou le libéral-socialisme qui peuvent se réclamer de Rawls sont-ils convaincants dans la mise en place d’une société juste ? Les deux principes de la justice de Rawls dont le social libéral peut se réclamer ne ressortent-ils pas encore d’une idéologie masquant le développement apparemment inexorable d’une ploutocratie [le pouvoir des plus riches] qui cherche à se doter d’un visage plus ou moins humain ? Il est temps de prendre la mesure politique de la non participation des plus riches à la redistribution politique des richesses matérielles. Elle est criante, quand, au niveau mondial, 1% des plus riches possède autant que 3,9 milliards de personnes. Le social libéralisme (ou libéral socialisme) sera convaincant le jour où il y aura une véritable criminalisation des non paiements de l’impôt proportionnel à l’impayé. On observe une criminalisation des actes de piratages des œuvres culturelles mais moins de leurs producteurs,auteurs ou acteurs quand ils contournent le fisc. L’optimisation fiscale est un « métier » (cf. Les scandales divers récents à ce sujet sur nos politiques et les paradis fiscaux) que de nombreux politiciens au discours social libéral pratiquent même en tant que métiers d’affaires (avocat fiscaliste, etc.).

Par ailleurs le social libéralisme actuel est de moins en moins convaincant en ce qui concerne le partage des biens éducatifs ou les biens de santé [nous creusons ce point plus loin].

Faut-il dès lors être antilibéral autant économiquement que politiquement et estimer que la valeur infinie de l’amour des prochains ne peut tolérer de telles injustices au nom d’une liberté dévouée et illusoire (du point de vue spirituel) ?

Quoi qu’il en soit nous connaissons tous des mécanismes de justice procédurale. La procédure de partage garantit alors la justesse du partage. Les illusions du social-libéralisme en faveur d’une ploutocratie à peine masquée n’empêchent pas d’envisager de nouvelles procédures de redistributions empêchant ceux qui en ont la charge d’en être juge et partie pour le bénéfice de leurs propres solidarités choisies et socioculturelles. Sans risquer de retomber dans un totalitarisme sous couvert d’altruisme mais sans non plus cautionner les injustices de plus en plus insupportables pour notre regard de plus en plus conscient de la valeur infinie de l’amour des prochains, réinventer des procédures sociales-démocrates de justice dans le domaine de l’éducation, de la santé, etc. empêcheraient la dérive ploutocrate du social libéralisme.

Voici un exemple simple de justice procédurale concrète que tout le monde a déjà expérimenté.

Comment imposer à celui qui découpe une tarte de tirer partie de son intervention dans le partage ? Cette procédure doit faire face à 3 cas.

1er cas : celui qui découpe la tarte a la vertu de justice.

2e cas : celui qui découpe la tarte est gourmand.

3e cas : celui qui découpe la tarte veut manger une part pour le symbole mais veut limiter les calories ingérées

Tout le monde où presque connaît la procédure : celui qui découpe la tarte devra se servir en dernier et la pelle à tarte ne sera pas placée sous une part.

Celui qui fait un régime calorique ou le gourmand ne pourront pas prendre le risque de faire des petites ou des grosses parts car l’un risque de se retrouver avec une grosse part et l’autre une petite. Bien sûr l’adepte du régime peut toujours redistribuer une part de sa part non consommée mais on peut rajouter une règle pour éviter une éventuelle perversion qui consisterait à tirer partie de ce surplus vis-à-vis des autres.

Troisième point : la critique spiritualiste du mérite personnel avec lequel les libertariens justifient le rejet des droits créances.

Revenons sur les affirmations concernant le mérite qui sont là base du raisonnement libertarien. La répartition sociales des biens serait juste dès lors qu’elle est méritée. Or l’État, en redistribuant les biens, entache forcément le mérite social et déconsidère la liberté des gens concernant leur sens du partage et de l’échange des biens.

Remarquons d’abord que cet argument libertarien ne permet guère de justifier comme mérite l’héritage de fortune économique. On peut certes justifier de façon libertarienne ce choix de confier sa fortune à qui on le souhaite. Mais l’héritier se retrouvant ainsi positionné socialement aussi favorablement a-t-il un quelconque mérite personnel ? La rareté des changements favorables de positions sociales ne relativise-t-elle pas l’argument du mérite. L’économiste Piketty a montré que dans une économie à croissance faible, l’héritage devenait l’atout majeur dans les positions sociales économiques.

Il y a un poncif libéral (et libertarien) assez pauvre réflexivement qui doit ici être déconstruit : par l’égalité des droits ou l’accès égal à l’éducation chacun pourrait avoir la position sociale qu’il mérite par son travail, sa persévérance, ses qualités relationnelles, etc. Bourdieu a montré statistiquement le poids de ce qu’il a désigné comme capital culturel. Même si une politique limitait drastiquement les héritages pour vraiment en finir avec le clanisme et les castes, nous savons que nous ne pouvons pas et ne devons pas retirer ce capital culturel (ce qui est contraire aux conséquences que certains tirent de l’existence d’un capital culturel). Autant une concentration de richesses en une seule main est désastreuse du point de vue du bien commun, autant la présence d’un capital culturel ou spirituel élevé au main d’une personne ne peut qu’enrichir la société entière et la nation. À vrai dire c’est la seule chose qui peut se partager sans se perdre. Ici l’influence du matérialisme marxiste qui a inspiré Bourdieu et surtout ses épigones voulant la destruction d’une culture humaniste ne favorisant selon eux que les plus aisés a produit l’oubli de cette évidence spirituelle : la notion de capital culturel est biaisée à cause du terme même de « capital » qui donne l’impression qu’il s’agit d’un bien matériel ou du moins d’un avoir à partager. Or l’éducation met en jeu la transmission d’une manière d’être. Reste que certains savoirs ne sont pas transmis hors d’initiations selon des critères qui peuvent faire l’objet de discussion. Ces savoirs ont vraiment alors quelque chose de l’avoir. Dans quel mesure le savoir lié à un brevet peut-il être un monopole surtout s’il s’agit d’un médicament ou d’un vaccin à produire urgemment et en grande quantité.

Dans son livre Justice tiré de son cours qu’on trouve ici et qui nous inspire ici dans cette leçon pour penser la justice distributive, Michael Sandel aux étudiants de Harvard qui seraient les aînés dans leur famille de lever la main : plus de 80% le sont. Cette question met en jeu dans les familles américaines une attention et une exigence éducative qui est donnée davantage aux aînés. Et il n’est pas certain que les parents en aient pleinement conscience. Qu’on le veuille ou non, même si par nos choix et nos prises de conscience nous avons une part de liberté, il y a des déterminations sociales, culturelles, psychologiques, biologiques, etc. Ces déterminations affectent même notre transmission des capacités intellectuelles, culturelles et spirituelles.

Reprenons l’exemple de nos stars du sport. Leur mérite est-il si personnel que cela ? Premièrement leur corps a des qualités propres d’ordre physiologique et génétique dont ces stars ne peuvent revendiquer un mérite personnel. Deuxièmement leur milieu social et familial a fait que leur corps et leur intelligence corporelle a pu croître de la manière la plus appropriée à leur réussite. Troisièmement nul ne peut nier qu’un sportif de haut niveau est devenu ce qu’il est grâce à des rencontres, des transmissions de connaissances, etc.

Plus globalement mon ego ne peut agir indépendamment du tout de l’univers. Je ne suis rien sans la société humaine, rien sans l’écosystème, sans la planète, sans le soleil, la galaxie, l’univers et plus près de moi, mon ego ne peut rien sans une organisation organique précise, sans les processus cellulaires, moléculaires, atomiques, corpusculaires, etc. Enfin celui qui touche à la perfection agissante sait que son ego n’est pas l’auteur de son intuition créatrice qu’elle soit mentale, émotionnelle ou physique : il témoigne d’un soudain élargissement de sa conscience, comme d’une participation à un élan créateur transcendant la réalité immanente.

L’humilité c’est-à-dire le sens de soi personne comme créature (ou entité, si l’on veut éviter ce terme à connotation théologique) impuissante en soi manque beaucoup à ceux qui jugent mériter ce qu’ils ont et qui veulent réduire la politique de justice distributive aux seuls droits libertés et trouvent injustes les contraintes imposées par les droits créances.

Bien entendu il est certain que notre star de la téléréalité ignore ces faits spirituels et qu’elle soit encline à valoriser son ego comme auteur de ses actes. Et même si elle a conscience d’être favorisée sans aucun mérite personnel, les téléspectateurs eux sont dans l’illusion d’un monde d’égos seuls auteurs de leurs actes.

Ainsi il semble que la simple justice distributive envisagée à la façon de Rawls ne puisse se défendre complètement sans une conception du bien sous-jacente. Rawls estime que dans une société libérale la pluralité des conceptions du bien nous invite à chercher une conception du juste indépendante du bien.

Cependant de quelle nature est notre réinterprétation du voile d’ignorance de Rawls, pour vraiment porter ? A vrai dire nous avons dû modifier l’argument de Rawls en un exercice spirituel pour que l’expérience de pensée conduise vraiment à une transformation notre conscience usuelle de soi. Si pour authentiquement réfléchir sur la justice nous devons transformer notre manière d’être, il y a une prise en compte du bien et de la morale pour concevoir collectivement une justice plus juste. Il y a qu’on le veuille ou non un cercle vertueux à faire croître et évoluer au niveau des mentalités entre sens de la justice distributive politique et vertus spirituelles.

 C - Le retour du problème du mérite comme vertu favorable à la vie collective.

1 - L’absence de mérite de l’ego n’obère pas la valorisation dans la justice distributive des dimensions personnelles servant le bien commun.

À vrai dire dans l’idéal, quand on partage une tarte, on pourrait chercher une distribution qui augmente directement le contentement de celui qui mène un régime amaigrissant s’il le mène pour améliorer sa santé et on devrait satisfaire celui qui par son physique et ses activités doit être le plus nourri. Cette distribution met en avant la finalité de la santé dans l’absorption de nourriture.

Il y a une nuance subtile entre un partage qui serait injuste si on le basait sur les mérites d’un ego dans la mesure où tout mérite de l’ego est illusoire et un partage qui serait injuste parce qu’on ne tient pas compte des vertus des personnes en fonction de leur importance pour le bien commun.

Prenons l’exemple de l’éducation et de la réussite des études. On admettra facilement qu’une nation dont le niveau éducatif est le plus développé possible disposera là d’un bien commun essentiel.

En Australie à un moment donné les études de médecine étaient les plus coûteuses sans aucun système de bourse étatique. Dès lors cette nation prend le risque de ne pas recruter en médecine les gens de milieu modeste qui aurait des capacités supérieures à celles issues de milieu modeste.
Enfin si le milieu médical est issu d’une classe aisée, l’accès aux soins des classes modestes sera forcément impacté puisque plus ou moins inconsciemment sauf altruisme, les solidarités les plus fortes sont celles de classe sociale.

En France la question de la mixité sociale en ce qui concerne se pose aujourd’hui avec beaucoup d’acuité quand on sait que quasiment toute la jeunesse des classes supérieures passe par des établissements privés tandis que celle des classes sociales les plus modestes est concentrée dans des établissements publics. Or on sait que les classes sociales valorisant le plus et surtout le mieux la réussite scolaire sont les classes sociales supérieures et les classes moyennes supérieures hormis par exemple dans les classes moyennes intermédiaires les enfants de professeurs ou d’instituteurs. Une mixité entre classes sociales moyennes intermédiaires ou basses et classe sociale défavorisée imposée par manque d’argent pour mettre ses enfants avec les classes privilégiées dans le privé a-t-elle du sens si l’objectif est d’aider à la réussite scolaire les enfants des classes sociales les moins disposés socialement ? Par ailleurs en France nul n’a une réelle idée de l’impact des cours privés sur la réussite scolaire et sociale à capacité égale. Or en médecine ces cours privés en complément du cycle universitaire sont monnaie courante. Notre santé ne risque-t-elle pas de perdre de sa justice à long terme ? Des médecins en médecine libérale dont la réussite est issue de ces cursus privés auront-ils des tarifs libéraux accessibles aux classes moyennes basses et intermédiaires (les classes défavorisées ayant un accès protégé par la CMU) ?

La justice distributive consiste donc à prendre en compte et à valoriser aussi des vertus utiles au bien commun.

2 - Un modèle de justice distributive téléologique : comment distribuer la flûte ?

« Prenons comme exemple, la parabole de la flûte et des 3 enfants.
Trois enfants revendiquent chacun de s’approprier une flûte. Ils argumentent tous trois fort honnêtement.
Le premier dit que la flûte doit lui revenir car il est le seul à savoir en jouer. Les autres le reconnaissent.
Le second dit que la flûte doit lui revenir parce qu’il est pauvre et n’a jamais eu les moyens d’avoir un jouet.
Les autres le reconnaissent.
Le troisième dit que la flûte doit lui revenir parce que c’est lui qui l’a fabriquée. Les autres le reconnaissent.

Alors, à qui est-il le plus juste d’attribuer la flûte ? »,

http://genevievebrichet.blogspot.fr/2013/08/justice-juste-ciel.html

Réponse d’Aristote : la téléologie est première donc la flûte revient à celui qui sait en jouer.

Un libéral affirmerait que la flûte appartient évidemment à celui qui l’a produite. Aristote n’est pas de cet avis : une flûte qui n’est pas jouée n’a guère de sens. Par ailleurs donner à celui qui n’a rien quelque bien dont il n’aura aucune vertu pour en tirer partie serait absurde. Parfois nos programmes d’aides sociales ont malheureusement ce défaut. Il nous manque un assistanat intelligent.

Téléologique signifie science des fins. La vie politique concerne effectivement les fins que nous nous donnons collectivement. Les libertariens qui font des droits libertés le seul objet du politique et de la justice distributive étatique ont des fins. Rawls entendait privilégier dans sa Théorie de la justice le juste sur le bien au sens où une norme déontologique (qui dit donc ce qui doit être) n’est pas forcément liée à une valeur morale qui défend une conception du bien. La procédure de fondation de la justice distributive qu’il propose se devait être compatible avec un pluralisme moral comportant donc des conceptions du bien diverses.

Il est clair que l’éducation met en jeu des fins. La justice distributive ne saurait donc en ce qui concerne ce bien se détacher de la vie bonne et donc demeurer procédurale afin d’éviter les dissensions téléologiques. Il nous faudra bien assumer un débat politique sur ce point et prendre en compte les experts et les recherches scientifiques qui ont des connaissances cognitives de plus en plus fines sur le développement cognitif humain, le développement de ses capacités ou son accès au bonheur.

3 - Application politique de l’approche aristotélicienne de la justice distributive relativement à une conception de la vie bonne et donc du bien commun.

Aristote a enquêté sur les différents régimes et constitutions politiques :

Il y a une certaine connexion entre notre conte sur l’attribution de la flûte et les 3 régimes politiques qu’Aristote voit au fondement de toutes les constitutions. Ces trois espèces de régimes sont : 1) les régimes dont le pouvoir est à un seul, 2) les régimes dont le pouvoir est à quelques-uns et enfin 3) les régimes dont le pouvoir est à tous.

Premièrement, l’enfant pauvre qui réclame la flûte sans en avoir la vertu de savoir en jouer n’est pas sans évoquer la démocratie où les moins biens pourvus sont tentés d’élire les démagogues pour mener une tyrannie contre des minorités afin de se venger de leur frustration d’avoir.

Deuxièmement, l’enfant qui a fabriqué la flûte ressemble à nos libéraux qui placent le libre échange économique au dessus du bien commun. Que dirons-nous si quelqu’un muni d’un médicament guérissant une maladie très contagieuse en voulait un profit tel que la plupart des gens ne pourraient pas l’acheter et seraient condamnés ? Il symbolise bien la déviance oligarchique et ploutocratique de nos sociétés où les plus riches dictent plus ou moins la raison d’État.
Cet enfant qui par sa fabrication a un monopole est en position de royauté car il peut arrêter sa production pour contrôler sa relation avec les autres. Et bien sûr il peut dès lors tyranniser les deux autres.

Troisièmement même s’il semble que la solution d’Aristote soit au profit d’un régime politique qui distribue aussi et surtout en fonction des vertus qui servent le bien commun, ce régime aristocratique n’est pas pour autant à l’abri des critiques. On retrouve le risque d’un savoir comme celui ici de jouer de la flûte capté par une caste ou une classe sociale fermée. L’aristocratie peut donc dégénérer en une forme l’oligarchie.

A partir de cette vision téléologique de la justice on peut envisager les dérives politiques :

Reprise de l’objection sur le mérite personnel à l’encontre d’une dérive oligarchique : le mérite de jouer de la flûte n’étant pas dû à celui qui sait jouer de la flûte, comment éviter qu’il fasse de son pouvoir une forme de domination ?

Réponse centrée sur la coopération maximale :

« Il s’avère que la réponse dépend de chaque personnalité.
Pour ma part, j’ai trouvé une solution différente, celle du partage :
l’enfant qui sait jouer de la flûte l’apprend aux autres, celui qui a su la fabriquer fait de même, et l’enfant pauvre donne aux deux autres le sentiment d’avoir fait le bien. On appelle ça la coopération, ou encore la fraternité ! », http://genevievebrichet.blogspot.fr/2013/08/justice-juste-ciel.html

Cet idéal est peut-être impraticable mais un régime politique mixte peut s’en rapprocher en ce qui concerne la redistribution politique des biens.

Dans l’idéal la séparation de l’exécutif, du judiciaire et du législatif permet d’allier la volonté du peuple propre au régime démocratique avec des éléments de pouvoir exécutif typique du régime monarchique dans le respect des autorités judiciaires dont le fonctionnement est de régime aristocratique.

Or ce n’est pas le cas aujourd’hui. Puisque l’exécutif est formé à partir de la représentation nationale de ce qui devrait être la volonté du peuple. La représentation nationale est dès lors contaminée par une oligarchie. Parlement et gouvernement sont en fait dans notre république au service de l’ambition politique d’un président sensé être à la tête de l’exécutif... Quant aux autorités judiciaires, l’indépendance en a été longtemps compromise. Un gouvernement peut proposer au parti majoritaire au parlement dont ses membres sont issus une loi d’amnistie qui le concerne... Il y a là des faiblesses constitutionnelles favorisant la corruption de la justice politique. Notre régime politique à été trop pensé aux mains d’une élite vertueuse...

4 - La vision téléologique du bien commun fait de l’altruisme une vertu politique à la base de la vertu de justice.

La science psychologique et cognitive aujourd’hui renouvelle notre approche des vertus à commencer par celle de l’altruisme. Il semble désormais scientifiquement faux de fonder une politique sur une anthropologie fondée sur l’idée que l’homme est d’abord égoïste. L’ouvrage de Matthieu Ricard, Plaidoyer sur l’altruisme fait le point sur ces découvertes majeures.

Le bien n’est donc pas tout à fait indiscutable. Nous pouvons certainement fonder une éthique laïque à nouveau frais pour remettre la vertu au premier plan sans retomber pour autant dans des formes de moralismes politiques théocratiques, fascistes ou totalitaires gauchistes.

Dans son Plaidoyer sur l’altruisme Matthieu Ricard écrit p.628 :

« La société ne peut prétendre imposer à tous un bonheur sur mesure. Elle a, en revanche, le devoir de ne pas délaisser ceux qui souffrent. Nous ne pouvons empêcher les inégalités de se produire, néanmoins nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour éviter qu’elles ne perdurent. Une société individualiste fera peu d’efforts dans ce sens, tandis qu’une société qui attache de la valeur à l’altruisme et place le sort d’autrui au cœur de ses préoccupations veillera à corriger les inégalités qui sont source de souffrances, de discriminations, de difficulté à s’épanouir dans l’existence et d’accès réduit à l’éducation et à la santé. »

Le droit n’est rien sans les mœurs vertueuses. Nous savons que le droit peut être utilisé à l’encontre de l’esprit des droits de l’homme et du citoyen et même à l’encontre de tout altruisme. Connaître les lois sert pour beaucoup à les contourner. On assiste ainsi à de nombreux faits immoraux en politique qui échappent aux filets de la justice.

 D - Le problème de la corruption de la force nécessite de radicaliser la démocratie.

Ainsi Pascal dans ses Pensées démontre que la justice ne peut pas aller sans la force mais dès lors le fait nécessaire de la force conduit à la corruption de la justice car la force risque d’agir sous le couvert de la justice à son seul avantage.

Ici l’organisation hiérarchique de la force tourne souvent à une forme de tyrannie qui divise pour mieux régner et interdit toute horizontalité et donc égalité réelle entre les personnes.

Pour rendre le peuple vertueux en tant que peuple soucieux d’intégrer les volontés de chaque citoyen, il nous faut renouveler le sens collectif et donc l’art de prendre des décisions collectives.

 E - Pour éviter la dérive hiérarchique injuste de l’État, il faut radicaliser la démocratie comme mode de décision juste.

1 - Les faiblesses de la représentation politique par votes majoritaires des votes exprimés et plus globalement les dangers de la tyrannie de la majorité.

On trouvera ici la critique de la représentation politique selon Rousseau.

On trouvera sur cet article Wikipédia des aspects nombreux d’une critique de la tyrannie de la majorité mais ces critiques aboutissent à revenir au libéralisme où on renonce aux solidarités ou bien de revenir au droit et ses faiblesses.

Nous verrons ici une façon d’échapper à ces dérives démocratiques en radicalisant la vie démocratique et les vertus favorisant la solidarité collective.

2 - La volonté générale selon Rousseau comme idéal de décision démocratique juste.

L’idéal de la volonté générale de Rousseau guidera ici notre idée d’une radicalisation de la vie démocratique.

On peut prendre un modèle musical assez pertinent d’ailleurs puisque Rousseau a certainement murit cet idéal à l’aide ses connaissances de l’harmonie musicale dont il est un théoricien majeur du 18e siècle. En musique improvisée chaque musicien contribue à l’harmonie d’ensemble en apportant ses notes les plus singulières et individuelles possibles. Plus la musique jouée permet d’exprimer le style individuel de chaque musicien dans une harmonie collective forte, plus l’ensemble est original. En quelque sorte la volonté générale doit intégrer les volontés des citoyens dans une représentation d’ensemble la plus harmonieuse possible.

Un accord harmonieux n’est pas une simple somme de notes sonores, il y a dans un accord une dimension supplémentaire apportée par le jeu des notes entre elles. Semblablement la volonté générale n’est pas une somme des volontés individuelles des citoyens.

La volonté générale selon Rousseau doit en outre ne pas traiter des volontés liées à des objets particuliers mais bien s’en tenir à des lois générales. Cependant on peut en approcher l’esprit avec des exemples mettant en jeu des objets particuliers de volonté.

Par exemple, quand la Volonté de tous est à l’œuvre, au sein d’un groupe d’amis on veut organiser une soirée. Plusieurs sous-groupes de personnes veulent organiser la soirée dans des endroits différents, donc plusieurs solutions entrent en lice. La volonté de tous est liée à la découverte d’un compromis : un soir on organisera la soirée ici, le lendemain ou un autre soir, on organisera la soirée là-bas. Dans l’établissement de la volonté de tous les factions, les sous-groupes, les manœuvres d’alliance et d’opposition sont déterminantes pour imposer telle version d’un compromis plutôt que tel autre. Là où un vote à bulletin secret et à la majorité aurait donné tel type de choix, ici par le jeu des négociations un choix tout à fait différent aurait pu avoir lieu.

Quand on met en œuvre la volonté générale, on peut permettre l’individualisation authentique de toutes les volontés individuelles et envisager des systèmes de décision qui les intègre toutes tant que ça ne porte pas préjudice aux droits collectifs et individuels : un groupe d’ami qui organiserait une soirée en appliquant ce schéma décisionnel devrait intégrer dans une représentation satisfaisante de sa volonté générale toutes les exigences individuelles qui ne nuisent pas au bien commun du groupe. Si certains veulent aller passer la soirée au cinéma, si d’autres veulent la passer à la piscine et enfin d’autres en boîtes de nuit, il faut trouver dans l’idéal une représentation qui intègre toutes ces possibilités qui ne nuisent pas au collectif. On pourrait imaginer, par exemple, en vue de satisfaire dans une Volonté Générale toutes ces volontés individuelles, un lieu et une soirée qui réunissent piscine, écran de cinéma au bord de la piscine et film musical dansant.

La volonté générale est donc non seulement un idéal de procédure de décision démocratique mais aussi clairement un principe de justice.

on trouvera ici une discussion autour de Rousseau et sa façon d’envisager les institutions favorisant la réalisation de cet idéal de la volonté générale.

On prolongera notre réflexion sur la démocratisation de nos décisions collectives en allant ici sur notre blog Carnet philosophique pour voir comment la sociocratie rend cet idéal de la volonté générale réaliste.