TES1 - Explication de texte pour le vendredi 12 décembre 2014.

(actualisé le ) par Serge Durand - Philosophie

 I - Sujet d’explication.

Vous expliquerez le texte suivant :

« Les déclamations bourgeoises sur la famille et l’éducation, sur les doux liens qui unissent l’enfant à ses parents deviennent de plus en plus écœurantes, à mesure que la grande industrie détruit tout lien de famille pour le prolétaire et transforme les enfants en simples articles de commerce, en simples instruments de travail. Mais la bourgeoisie tout entière de s’écrier en chœur : Vous autres, communistes, vous voulez introduire la communauté des femmes ! Pour le bourgeois, sa femme n’est autre chose qu’un instrument de production. Il entend dire que les instruments de production doivent être exploités en commun et il conclut naturellement que les femmes elles-mêmes partageront le sort commun de la socialisation. Il ne soupçonne pas qu’il s’agit précisément d’arracher la femme à son rôle actuel de simple instrument de production. Rien de plus grotesque, d’ailleurs, que l’horreur ultra-morale qu’inspire à nos bourgeois la prétendue communauté officielle des femmes que professeraient les communistes. Les communistes n’ont pas besoin d’introduire la communauté des femmes ; elle a presque toujours existé. Nos bourgeois, non contents d’avoir à leur disposition les femmes et les filles des prolétaires, sans parler de la prostitution officielle, trouvent un plaisir singulier à se cocufier mutuellement. Le mariage bourgeois est, en réalité, la communauté des femmes mariées. Tout au plus pourrait-on accuser les communistes de vouloir mettre à la place d’une communauté des femmes hypocritement dissimulée une communauté franche et officielle. Il est évident, du reste, qu’avec l’abolition du régime de production actuel, disparaîtra la communauté des femmes qui en découle, c’est-à-dire la prostitution officielle et non officielle. », Marx et Engels, Le Manifeste, livre II.

Durant l’explication linéaire vous ferez une comparaison doctrinale avec le texte suivant :

« Si donc il apparaît que les deux sexes diffèrent entre eux pour ce qui est de leur aptitude à exercer certain art ou certaine fonction, nous dirons qu’il faut assigner cet art ou cette fonction à l’un ou à l’autre ; mais si la différence consiste seulement en ce que la femelle enfante et le mâle engendre, nous n’admettrons pas pour cela 454e comme démontré que la femme diffère de l’homme sous le rapport qui nous occupe, et nous continuerons à penser que les gardiens et leurs femmes doivent remplir les mêmes emplois. […] nombre de femmes sont supérieures à nombre d’hommes, en maints travaux. Mais en général la chose se présente comme tu dis. Par suite, mon ami, il n’est aucun emploi concernant l’administration de la cité qui appartienne à la femme en tant que femme, ou à l’homme en tant qu’homme ; au contraire, les aptitudes naturelles sont également réparties entre les deux sexes, et il est conforme à la 455e nature que la femme, aussi bien que l’homme, participe à tous les emplois, encore qu’en tous elle soit plus faible que l’homme. Parfaitement. Assignerons-nous donc tous les emplois aux hommes et aucun aux femmes ? Comment agir de la sorte ? Mais il est, dirons-nous, des femmes qui naturellement sont propres à la médecine ou à la musique, et d’autres qui ne le sont pas. Certes. Et n’en est-il pas qui sont propres aux exercices gymniques 456 et militaires ; d’autres qui n’aiment ni la guerre ni le gymnase ? Je le crois. Mais quoi n’est-il pas de femmes qui aiment et d’autres qui haïssent la sagesse ? n’en est-il pas d’irascibles et d’autres sans ardeur (19) ? Si Il y a donc des femmes qui sont propres à la garde et d’autres qui ne le sont pas. Or n’avons-nous pas choisi, pour en faire nos gardiens, des hommes de cette nature (20) ? Si. Donc la femme et l’homme ont même nature sous le rapport de leur aptitude à garder la cité, réserve faite que la femme est plus faible et l’homme plus fort. Il le semble. Et par suite il faut choisir des femmes semblables à 456b nos guerriers qui vivront avec eux et avec eux garderont la cité, puisqu’elles en sont capables et que leurs natures sont parentes. […] Cette disposition de la loi sur les femmes est, pouvons-nous dire, comme une vague à laquelle nous venons d’échapper à la nage. Et non seulement nous n’avons pas été submergés en établissant que nos gardiens et nos 457c gardiennes doivent faire tout en commun, mais notre discours est en quelque sorte convenu avec lui-même que la chose est à la fois possible et avantageuse. Vraiment, ce n’est pas à une petite vague que tu viens d’échapper ! Tu ne diras pas qu’elle est grande quand tu verras celle qui vient après. Parle donc ; montre-la-moi. A cette loi et aux précédentes fait suite, je pense, celle-ci. Laquelle ? Les femmes de nos guerriers seront communes toutes à tous : aucune d’elles n’habitera en particulier avec 457d aucun d’eux ; de même les enfants seront communs, et les parents ne connaîtront pas leurs enfants ni ceux-ci leurs parents. », Platon, République.

 II - Ressources.

 III - Exemples d’explication de texte.

http://www.lyc-vinci-st-witz.ac-versailles.fr/spip.php?article230#outil_sommaire_0.

Autre exemple ici : http://coursphilosophie.free.fr/corriges/texte_tocqueville.php.

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