TMercatique - Explication de texte facultative pour avant le bac blanc de février 2016.

(actualisé le ) par Serge Durand - Philosophie

 Expliquez le texte suivant :

« Les outils de l’homo faber, qui ont donné lieu à l’expérience la plus fondamentale de l’instrumentalité, déterminent toute œuvre, toute fabrication. C’est ici que la fin justifie les moyens ; mieux encore, elle les produit et les organise. La fin justifie la violence faite à la nature pour obtenir le matériau, le bois justifie le massacre de l’arbre, la table justifie la destruction du bois. [...]
Les mêmes normes de moyens et de fin s’appliquent au produit. Bien qu’il soit une fin pour les moyens par lesquels on l’a produit, et la fin du processus de fabrication, il ne devient jamais, pour ainsi dire, une fin en soi, du moins tant qu’il demeure objet à utiliser. La chaise, qui est la fin de l’ouvrage de menuiserie, ne peut prouver son utilité qu’en devenant un moyen, soit comme objet que sa durabilité permet d’employer comme moyen de vie confortable, soit comme moyen d’échange. L’inconvénient de la norme d’utilité inhérente à toute activité de fabrication est que le rapport entre les moyens et la fin sur lequel elle repose ressemble fort à une chaîne dont chaque fin peut servir de moyen dans un autre contexte. Autrement dit, dans un monde strictement utilitaire, toutes les fins seront de courte durée et se transformeront en vue de nouvelles fins.
Ainsi l’idéal utilitaire […] défie qu’on l’interroge sur sa propre utilité. Il n’y a évidemment pas de réponse à la question que Lessing posait aux philosophes utilitaristes de son temps : « Et à quoi sert l’utilité ? ». »,

Hannah Arendt, Condition de l’Homme Moderne, chapitre IV, « L’œuvre ».

Vous expliquerez ce texte en vous appuyant sur les questions suivantes :

1) Quelle est l’idée principale du texte ? Comment cette idée est expliquée par Arendt ?

2) Expliquez les termes suivants : « l’idéal utilitaire » , « homo faber ».

3) Essai : La technique est-elle seulement utile ?

 Ressources :

Textes en débat :

Texte 1 :
René Descartes, extrait du Discours de la méthode (1637), sur la maîtrise de la nature :

« Sitôt que j’ai eu acquis quelques notions générales touchant la physique, et que, commençant à les éprouver en diverses difficultés particulières, j’ai remarqué jusques où elles peuvent conduire et combien elles diffèrent des principes dont on s’est servi jusqu’à présent, j’ai cru que je ne pouvais les tenir cachées sans pécher grandement contre la loi qui nous oblige à procurer autant qu’il est en nous le bien général de tous les hommes.
Car elles m’ont fait voir qu’il est possible de parvenir à des connaissances qui sont fort utiles à la vie, et qu’au lieu de cette philosophie spéculative qu’on enseigne dans les écoles on en peut trouver une pratique, par laquelle, connaissant la force et les actions du feu, de l’eau, de l’air, des astres, des cieux et de tous les autres corps qui nous environnent, aussi distinctement que nous connaissons les divers métiers de nos artisans, nous les pourrions employer en même façon à tous les usages auxquels ils sont propres, et ainsi nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature. »

En cliquant ici, on trouvera une explication.

Texte 2

« Un impératif adapté au nouveau type de l’agir humain et qui s’adresse au nouveau type de sujet de l’agir s’énoncerait à peu près ainsi : « Agis de façon que les effets de tes actions soient compatibles avec la permanence d’une vie authentiquement humaine sur Terre » ; ou pour l’exprimer négativement : « Agis de façon que les effets de ton action ne soient pas destructeurs pour la possibilité future d’une telle vie »" ; ou simplement « Ne compromets pas les conditions de survie indéfinie de l’humanité sur Terre » ; ou encore, formulé de nouveau positivement : « Inclus dans ton choix actuel l’intégrité future de l’Homme comme objet secondaire de ton vouloir ».

On voit sans peine que l’atteinte portée à ce type d’impératif n’inclut aucune contradiction d’ordre rationnel. Je peux vouloir le bien actuel en sacrifiant le bien futur. De même que je peux vouloir ma propre disparition, je peux aussi vouloir la disparition de l’humanité. Sans me contredire moi-même, je peux, dans mon cas personnel comme dans celui de l’humanité préférer un bref feu d’artifice d’extrême accomplissement de soi-même à l’ennui d’une continuation indéfinie dans la médiocrité.

Or le nouvel impératif affirme précisément que nous avons bien le droit de risquer notre propre vie, mais non celle de l’humanité et qu’Achille avait, certes, le droit de choisir pour lui même une vie brève, faite d’exploits glorieux, plutôt qu’une longue vie de sécurité sans gloire (sous la présupposition tacite qu’il y aurait une postérité qui saura raconter ses exploits), mais que nous n’avons pas le droit de choisir le non être des générations futures à cause de l’être de la génération actuelle et que nous n’avons pas le droit de la risquer. Ce n’est pas du tout facile et peut-être impossible sans le recours à la religion, de légitimer en théorie pourquoi nous n’avons pas ce droit, pourquoi au contraire nous avons une obligation à l’égard de ce qui n’existe même pas encore et de ce qui « de soi » ne doit pas non plus être, ce qui du moins n’a pas droit à l’existence, puisque cela n’existe pas. Notre impératif le prend d’abord comme un axiome sans justification. »,

Hans Jonas, Le principe responsabilité (1979), trad. Greisch, coll. Champs, Flammarion, p. 40.

 Tentatives d’explication :

https://www.cyberprofs.com/reponses-et-corrections/philosophie/devoir1263/enonce.html

 Rappels méthodologiques sommaires :

http://lewebpedagogique.com/irenepereira/2012/06/03/methode-sujet-dexplication-de-texte-en-stg/ :

« Le sujet se compose d’un texte et généralement de trois questions.

1) La première question vous demande généralement de dégager l’idée principale et de montrer comment elle est argumentée :

a) Formulez la réponse avec vos propres mots pour montrer au correcteur que vous avez compris le texte, ne vous contentez pas de recopier.

b) L’idée principale est souvent formulée en début ou en conclusion du texte. Elle correspond à la thèse qu’argumente l’auteur dans son texte.

c) Dégagez les étapes avec vos propres mots en distinguant les différents arguments. Montrez à quoi servent les exemples qu’utilise l’auteur.

2) La deuxième question vous demande d’expliquer certains passage du texte plus précisément.

Ne vous contentez pas de répéter ce que dit l’auteur avec vos propres mots. Montrez que vous avez compris pourquoi il dit cela.

Donner un exemple pour illustrer ce que dit l’auteur.

3) La troisième question vous demande de répondre à une question plus générale en construisant un texte argumentatif.

  • Construisez votre réponse comme une petite dissertation : rédigez une introduction, un développement en trois parties et une conclusion.
  • Utilisez le texte dans votre réponse.
  • Utilisez votre réflexion personnelle et les connaissances philosophiques vues en cours pour compléter votre raisonnement. »

Ici on trouvera une méthodologie un petit peu plus détaillée : http://www.ac-grenoble.fr/PhiloSophie/articles.php?lng=fr&pg=1857

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