Explication de texte TES sur Nietzsche, Crépuscule des idoles, §1 et 2, pour le 14 décembre 2013.

(actualisé le ) par Serge Durand - Philosophie

 Vous expliquerez le texte suivant :

« Or attaquer les passions à la racine, c’est attaquer la vie à la racine : la pratique de l’Église est hostile à la vie...
Le même moyen, couper, arracher, est instinctivement choisi, dans la lutte contre un désir, par ceux qui sont trop faibles de volonté, trop dégénéré pour garder la mesure dans la satisfaction de ce désir : par ces natures qui ont besoin de la trappe, au sens figuré (et au sens propre…), d’une déclaration de guerre à outrance, de mettre un abîme entre eux et une passion. Il faut être dégénéré pour avoir recours aux solutions radicales ; la faiblesse de la volonté, plus exactement, l’incapacité à s’empêcher de réagir à une sollicitation, n’est elle-même qu’une forme de dégénérescence. L’hostilité radicale, à mort, envers la sensualité est un symptôme qui laisse songeur : il justifie que l’on s’interroge sur l’état général d’un être porté à ce point à l’excès. – Cette hostilité, cette haine n’atteignent d’ailleurs leur comble que lorsque les natures de ce genre n’ont plus assez de fermeté pour se soumettre à un traitement radical, pour renoncer à leurs « démons ». Qu’on parcoure toutes l’histoire des prêtres et des philosophes, en y ajoutant celle des artistes : les mots les plus venimeux contre les sens ne viennent pas des impuissants, ni non plus des ascètes, ils viennent des ascètes impossibles, de ceux qui auraient eu besoin d’être ascètes. »,
Friedrich NIETZSCHE, Crépuscule des Idoles, § 1 et 2.

Au cours de votre analyse linéaire, vous ferez une comparaison doctrinale avec ce passage de Le monde comme volonté et représentation, livre IV, §57 de Schopenhauer :

« Entre les désirs et leurs réalisations s’écoule toute la vie humaine. le désir, de sa nature, est souffrance ; la satisfaction engendre bien vite la satiété ; le but était illusoire ; la possession lui enlève son attrait ; le désir renaît sous une forme nouvelle, et avec lui le besoin ; sinon, c’est le dégoût, le vide, l’ennui, ennemis plus rudes encore que le besoin. Quant le désir et la satisfaction se suivent à des intervalles qui ne sont ni trop longs, ni trop courts, la souffrance, résultat commun de l’un et de l’autre, descend à son minimum ; et c ’est là la plus heureuse vie. Car il est bien d’autres moments, qu’on nommerait les plus beaux de la vie, des joies qu’on appellerait les plus pures ; mais elles nous enlèvent au monde réel et nous transforment en spectateurs désintéressés de ce monde ; c’est la connaissance pure, pure de tout vouloir, la jouissance du beau, le vrai plaisir artistique ; encore ces joies, pour être senties, demandent-elles des aptitudes bien rares ; elles sont donc permises à bien peu, et, pour ceux-là même, elles sont comme un rêve qui passe ; au reste, ils les doivent, ces joies, à une intelligence supérieure, qui les rend accessibles à bien des douleurs inconnues du vulgaire plus grossier, et fait d’eux, en somme, des solitaires au milieu d’une foule toute différente d’eux ; ainsi se rétablit l’équilibre. Quant à la grande majorité des hommes, les joies de la pure intelligence leur sont interdites, le plaisir de la connaissance désintéressés le dépasse ; ils sont réduits au simple vouloir. »

 Ressources internet :

Sur le texte de Schopenhauer :

Sur le texte de Nietzsche :

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